lundi 30 décembre 2013

De La Montagne, duo pop-soleil aux limites de la verticalité



Paris, 20h35 le vendredi 20 décembre, le cerveau surchargé par l'abattage médiatico-culinaire d'avant Noël, on est à la recherche d'un peu de réconfort. D'un coin de table où se décharger de nos tracas hivernaux, d'un bout de comptoir pour se charger correctement aussi, et se libérer le temps d'un soir de la peur de Noël (où Natalophobie, pour les initiés). 

Rendez-vous donc ce soir au bar La Féline, à Ménilmontant. Tout le monde est ok, on devrait passer une bonne soirée, faite de binouzes pas chères, de ti-punchs dans ta gueule, de kebabs froids, et de filles faciles. J'aurai enfin l'occasion d'écouter en direct la musique des énigmatiques De La Montagne (DLM). 10 jours ont passé depuis, j'ai réfléchi, mais n'ai pas plus avancé sur mon énigme. Cependant, j'ai trouvé beaucoup du réconfort ici, ainsi que quelques certitudes.

Les conditions étaient pourries, autant le dire tout de suite. Pas de scène, pas de volume, un brouhaha général émanant d'un public indifférent. Un concert où on ne voit ni n'entend rien, c'est problématique. Heureusement que je fais deux têtes de plus que tout le monde. 

De La Montagne. Ce soir on va sérieusement penser à se remettre à l'escalade


Le réconfort, donc : DLM, un duo fille-garçon beau à écouter et à regarder, une pop soleil qui te serre dans ses bras et te fait taper du pied et te fait taper des mains. Des lignes de synthé accrocheuses et des beats confortables, dans une enveloppe naïve mais consciente de son charme. Cette pop là est fatale. C'est un coup classique. Encore faut-il avoir les chansons pour le faire, encore faut-il les habiter, et les interpréter en conséquence. Camille, au chant, bien épaulée par l'ingénieux Alto Clark, à la barbe et aux tatouages, est un mix de coolitude et de charisme et de justesse (dans la voix, dans le ton). Elle donne sa couleur et son étoffe à une pop sucrée qui a besoin d'être incarnée. Elle n'est pas super grande Camille, qu'on se le dise. Du coup elle passe la moitié d'un show forcément bancal debout sur une chaise d'écolier, ou bien portée à bout de bras par un public qui regagne d'intérêt. 


DLM à La Féline le 20.12.13

Il est donc question ici de verticalité. Ou comment une fille si petite peut être dotée d'un talent si grand, ou comment toute personne normale doit abdiquer devant un tel aplomb - dans le regard - par 1m20 d'altitude. Ou comment trouver l'évidence dans un nom de groupe chelou. Ou enfin comment on pense sérieusement à se remettre un jour à l'escalade.

Ce soir De La Montagne réveille ma foi dans une musique jeune, sexy, vraie, et décomplexée - rassuré quant à la possibilité d'un manifeste live cheap et authentique, quant à la possibilité d'un mélange des genres, des couleurs, du noir et du blanc sur fond de gros accent frenchy. Voilà pour les certitudes. Délicieuse candeur, quand tu nous tiens !

Merci les dieux de la pop de permettre encore ce genre de combo musique-concept-personalité(s) ravageur. Camille et sa paire (et alter ego musical) Alto Clark (au passage le meilleur blaze de musicien de l'année 2013) ont encore du chemin à parcourir, mais je serai là au prochain virage, les amis. Merci aussi à Chloé qui m'a mis sur le plan. Big up à Camille, à Alto, si si la famille !

On reste branché sur Facebook, il va s'en passer des choses :
https://www.facebook.com/wearedelamontagne
On écoute les titres (extraits de l'album "Thighs Burned On Full Sunlight Parked Car Seats") : "I Do Remember", "Plastic Island" et "Girls" ici sur Bandcamp
On regarde la vidéo de "Girls" ci-dessous


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