"This Is Not A Love Song". Un nom ambigu, pour un festival de "musique pop indépendante" pionnier. Comprendre par ces termes : eclectique dans les genres, pointu dans la programmation, une posture authentique et rebelle. C'est à Nîmes, à la croisée du Languedoc Roussillon et de notre chère région PACA. Quelque part entre Montpellier et Marseille, entre la place de la comédie et la cannebière, entre Palavas les Flots et la Madrague. Nîmes, ville romaine. Ca sent le thym, le romarin. On est presque en camargue, et en plissant les yeux on aperçoit les flamant roses planer au dessus des salins d'Aigues Mortes.
Le nom à rallonge du festival fait très groupe Emo des années 00's (Panic At The Disco, Cute Is What We Aim For, Taking Back Sunday…). C'est étrange. Je hume l'air provencal doux de ce milieu de mois de mai. Une fois ces 6 mots digérés (on abrévie TINAL), on s'arrête littéralement sur chaque nom d'artiste affiché. C'est Busy P (Pedro Winter, le boss du label Ed Banger) qui l'a dit : sur le papier c'est le #genredefestivalparfait.
La programmation, les couleurs, le lieu, la salle, sont autant de choses dont on a été sevré dans la région. C'est nouveau, c'est téméraire, c'est incroyable. Alors je prends mon billet pour le premier soir. J'irai voir Animal Collective le mercredi 22 mai 2013, une semaine avant de les voir au Trianon à Paris. J'irai voir tout court, curieux et impatient à n'en plus dormir.
On franchit le seuil. A l'intérieur, on se donne vite raison : design moderne éclatant et apaisant, avec des gens cools, une équipe avenante, une atmosphère fraîche palpable, et des beaux gobelets en plastique consignés. On discute par hasard avec le programmateur - le mec qui a le meilleur job ce soir. À 22h15, il devrait avoir la pression, mais donne la sensation d'être le mec le plus sympa de la terre. 100% chill.
On écoute deux trois groupes, on se pose dans le patio, en plein air, au centre de l'édifice, entre les deux salles. Ambiance paillotte de bord de plage / vernissage au palais de Tokyo. C'est ambitieux et familial à la fois, et c'est la pointe de l'indie internationale dans notre pays. Le festival n'a rien à envier au Primavera Sound (22 - 26 mai, Barcelone), ou à la Vilette Sonique (23 - 26 mai, Paris, avec 10 degrés de moins).
On se jette sans se retourner, et c'est trois claques direct avec Death Grips (vidéo du concert ci-dessous), sensation rap-hardcore-rave-post-brocoli (© Chloé Machenaud). Le mec met tout le monde d'accord, et nous rappelle que la musique n'attend pas la mélodie pour aller de l'avant. Dans ma tête, je tombe le t-shirt et je slamme. En réalité, je lêve les bras vers le ciel, en hommage à la musique punk et à la rébellion rap, pour prendre ma dose d'énergie brute et de fureur black.
On se jette sans se retourner, et c'est trois claques direct avec Death Grips (vidéo du concert ci-dessous), sensation rap-hardcore-rave-post-brocoli (© Chloé Machenaud). Le mec met tout le monde d'accord, et nous rappelle que la musique n'attend pas la mélodie pour aller de l'avant. Dans ma tête, je tombe le t-shirt et je slamme. En réalité, je lêve les bras vers le ciel, en hommage à la musique punk et à la rébellion rap, pour prendre ma dose d'énergie brute et de fureur black.
Les portes de la grande salle réouvrent à minuit pour Animal Collective. Je fais ma prière à (dans l'odre ci-dessus) Deakin, Panda Bear, Geologist, et dieu Avey Tare (fascinant chamane à la large mâchoire, responsable d'environ 70% des mots magiques du collectif). C'est un concours de freaks sur scène, comme ce groupe est insaisissable. Depuis plus de 10 ans et autant d'albums, les mecs écrivent les bases des schémas pop du futur.
Ce qui aurait du être une messe autour des idoles du psychédélisme-pop moderne - pour tous les kids et fanatiques de cette moitié de la France - tourne au concert de fin de soirée presque intimiste. C'est cool parce j'ai l'impression qu'Avey Tare chante pour moi tout seul, mais ça manque d'hystérie collective (sic). Il est tout de même 1h du matin, nous sommes à Nîmes, dans le gard, un mercredi. Mais le set d'une heure et demie reste généreux, avec ses fulgurances attendues : "Today's Supernatural", "My Girls", "Brother Sport" et son pont infini génial et hypnotique, qui ferme le concert. On est 300 à se laisser envoûter jusqu'au bout.
Merci l'équipe de TINAL, à Paloma, merci Death Grips, merci Animal Collective. Ca donne beaucoup d'espoir et ça rassure de voir des gens s'impliquer ainsi dans l'indépendance de la musique tous azimuths, en France. Animal Collective, on se voit mercredi au Trianon à Paris, et si dieu Avey Tare le veut bien, j'aurai droit cette fois à ma version de "The Purple Bottle".




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